Les sauges

La plante vedette des Jardins de la Boirie :


Du jardin à l’herboristerie

La ‘Toute bonne’ aux champs, pour l’herboristerie, et l’écarlate sur le pas de la porte, hurlant avec d’autres plantes criardes, tel fût, pendant un temps, le triste sort de la sauge.

La sauge est présente sur tous les continents.

Cette noble famille compte pourtant quelque 800 espèces réparties sur tous les continents, sauf l’Australie, de l’Amérique centrale à l’Himalaya, en passant par le Cap, l’Extrême-Orient… et nos terres calcaires, où les grands épis fins de la sauge des prés n’ont pas besoin de jardinier pour offrir aux insectes le nectar de leurs fleurs bleues.

Une nouvelle image très valorisante.

Heureusement, depuis quelques années déjà, de nouvelles parures de rubis, d’améthyste, de pourpre ou d’indigo, ont fait disparaître les vieilles images dévalorisantes.

Une espèce appréciée du nord au sud de la France.

Grâce à la passion des pépiniéristes de La Foux, le sud de la France a redécouvert les Mexicaines (S. guaranitica, S. involucrata, S. elegans et bien d’autres…) qui avaient participé à la gloire des villas de la Côte. Au nord, on teste les Asiatiques des massifs montagneux (S. hians, S. nubicola, S. campanulata, S. bulleyana…) à la recherche d’une rusticité, aussi fiable que celle de S. nemerosa, bleu violacé, ou de la jaune S. glutinosa.

Une rusticité à toute épreuve.

Même sous les climats les plus rudes, on profite de la longue beauté des exotiques, en recourant à un mode de culture plus saisonnier, celui même qui a fait en d’autres temps la popularité de l’écarlate S. splendens et de ses variétés. Ainsi, dans de nombreux jardins privés, des centaines d’espèces rares qui sont loin d’être toutes rustiques sont en fleurs jusqu’aux gelées de novembre.


Si les exotiques ont une exceptionnelle durée de floraison, elles n’ont pas le privilège de la beauté. Les annuelles sont très présentes, même si elles restent plus estivales.

La plus rapide est S. horminum : semée en place, elle ne se fait jamais prier pour offrir des vagues bleues, ou roses, et souvent les deux à la fois. Plus classiques, S. farinacea, bleu plus ou moins foncé, et la brillante S. coccinea, réussissent mieux si elles ont été semées en terrine, sous abri dès mars.

S. hispanica et S. tilifolia ont des feuillages intéressants, mais deviennent envahissantes en climat doux. La sauge sclarée, avec sa merveilleuse variété du Turkestan, un peu bleutée, bien que vivace, se ressème librement.

Côté vivace, la plus connue est S. nemorosa, très proche de S. sylvestris (S. deserta), d’une rusticité à toute épreuve. Ses couleurs estivales, bleu violacé (‘Amethyst’, ‘Ostfriesland’…), ou plus pâles (‘Porzeland’, blanche, ‘Rose Queen’) s’associent bien à des floraisons plus douces, ou aux feuillages grisés des armoises. Deux nouveautés : ‘Plumosa’ à grosses grappes et ‘Grete Stolze’ à feuillage gris persistant.

Un peu plus élancé, l’hybride S. x bertonii a la finesse de son parent S. pratensis. Pour rester dans les bleus du début de l’été, optez pour deux Américaines d’aspect un peu flou : la grande S. x azurea (env. 1 m) et S. nevadensis. Toujours à fleurs bleues, la petite S. blancoana (30 cm) a un feuillage presque blanc ; celui de S. forsskaolii est au contraire large et rugueux, et rougit à l’automne. Cette dernière rappelle Salvia hians.

Changement de couleur avec deux espèces d’Europe centrale, S. glutinosa et S. austriaca, ainsi que des Himalayennes qui se comportent très bien vers les côtes de la Manche : S. campanulata, S. bulleyana, un peu moins rustique et S. nubicola qui a besoin d’ombre. Elles aiment être préservées du plein soleil.
Ce tableau des rustiques ne peut oublier les Méditerranéennes avec des espèces de rocaille à floraison printanière (S. juriscii, S. caespitosa, S. verbenaca…), des aromatiques (S. officinale, S. lavandulifolia) aussi spectaculaires en bordure qu’au jardin d’herbes et S. verticillata, appréciée sous tous les climats


Une Lamiacée aux très puissantes vertus

En Provence, la sauge sclarée, dite ‘Toute bonne’, est cultivée en plein champ pour l’industrie.
Tonique, antispasmodique, fébrifuge et antiseptique en usage externe, elle n’a pas d’effet toxique, contrairement à d’autres qui contiennent de la thuyone. Son arôme, plus fort que suave, est utilisé en parfumerie. Côté cuisine, on préfère à son goût âcre, celui de Salvia officinalis ou de S. lavandulifolia. Avec sa tige carrée qui signe les Lamiacées (Labiées dans l’ancienne nomenclature), la sauge ne déroge pas à la réputation de cette famille mellifère et aromatique, qui compte la menthe, le romarin, le thym…


Des frileuses exotiques colorées.

Lorsqu’en juillet les sauges rustiques terminent leur spectacle commencé au printemps avec les Méditerranéennes, Mexicaines et Brésiliennes prennent le devant de la scène. Certaines fleurissent déjà depuis quelques semaines, mais se révèlent vraiment spectaculaires à l’arrière-saison, lorsqu’elles jouent presque seules. Dans le Midi, elles entreront sans problème dans l’hiver, alors qu’au Nord, elles seront prises dans leur pleine splendeur par les premières gelées de novembre.
Pour conserver la souche, il faut pailler, mais cela ne suffit pas toujours, surtout dans les sols lourds qui gardent l’humidité en hiver. Si l’on ne veut pas recourir au bouturage, seule vraie garantie, il faut soigner le drainage, choisir un emplacement chaud et abrité, et surtout se limiter aux espèces les plus tolérantes au froid (jusqu’à -12°C), comme S. greggii, S. microphylla (syn. S. grahamii) et la très proche S. jamensis.

Ces arbustives forment des buissons de 40 à 60 cm de haut et davantage pour Salvia microphylla, à feuillage fin, très dense, ponctué de petites fleurs vives pendant des mois, voire presque toute l’année dans le Midi. Leur palette est très étendue : rouge vif (S. microphylla var neurepia ou ‘Le Pradet’), jaune ou abricot (‘Yellow’, S. greggii ‘Peach’, ‘La Luna’), rose vif ou saumoné (Salvia x jamensis ‘Cherry Queen’, ‘La Siesta’…).
On notera aussi S. darcyi, rouge et élancée, qui doit sa relative rusticité à son habitat de très haute altitude (3 000 m).

Bien que plus du tout rustiques (seuil aux alentours de -5°C), on ne peut laisser de côté les plus belles arbustives aux parfums exotiques, qui, font un vrai feu d’artifice en octobre : S. elegans à odeur d’ananas, S. leucantha et sa royale variété ‘Purple Velvet’, S. involucrata et sa ‘Bethelli’, la folle S. guaranitica, S. cacaliifolia plus modeste, mais aussi bleue, S. purpurea, un peu velue, les immenses S. confertiflora et S. madrensis dont les longs épis se font attendre jusqu’en octobre.

Sans oublier les herbacées qui, suivant l’exemple de S. splendens, pourraient renouveler nos gammes saisonnières, avec S. patens et S. urica pour les bleus, et S. blepharophylla, S. rutilans et S. buchananii dans les rouges.

Les beautés rares des Iles Canaries et d’Afrique.

La fleur de S. canariensis ne passe pas inaperçue en été. Haute de 1 m à 1,50 m, elle est ample et bien dessinée.
Il existe une forme à fleurs blanches (var. albiflora Bolle) et une autre à feuillage duveteux, argenté (candissima Bolle). Elles donnent rarement leur effet maximal, faute de rusticité (-5°C), mais leur floraison mérite une culture en pot. Salvia broussonetii, plus petite et à beau feuillage, nous vient aussi des Canaries et n’est guère plus résistante. Plus rarement cultivées, les espèces d’Afrique du Sud offrent des formes originales :fleur brun-orangé chez S. africana, feuillage crispé chez Salvia dentata…

La culture des Sauges

La culture en pot ?

Les sauges ont l’inestimable qualité de fleurir en quelques mois (12 à 18 mois pour les plus longues, plus souvent 4 à 6 mois). La solution est donc de pratiquer une culture saisonnière. Ce n’est pas autrement qu’une herbacée mexicaine, S. splendens (ci-contre l’espèce type), est devenue une vedette de nos fleurs annuelles. On peut opter pour un semis précoce en fin d’hiver ou plus simplement pour le bouturage en cours d’été, mais dans tous les cas il faudra une pièce éclairée hors gel, idéalement une serre, pour mener à bien ces cultures. Par ailleurs, il est toujours possible d’arracher leurs pieds-mères et de les garder au repos, en pot, hors gel, comme des pélargoniums.

Comment réussir la plantation ?
D’abord choisir l’emplacement le plus chaud et le plus sec du jardin, surtout dans les régions du nord de la France, où les plus belles S. microphylla se trouvent souvent contre les murs abrités et ensoleillés. A l’exception des espèces himalayennes et de quelques-unes de sous-bois (les jaunes essentiellement) qui cherchent un peu de fraîcheur, toutes aiment le plein soleil. Si le sol n’est pas bien drainé, vous accentuerez vos chances de réussite en rajoutant quelques graviers, surtout s’il s’agit de variétés exotiques qui tiennent beaucoup mieux le gel lorsqu’elles gardent les pieds au sec. Même les espèces qui semblent aimer davantage de fraîcheur apprécient un bon drainage.
Quelle sauge pour la cuisine ?

La meilleure est S. lavandulifolia, la vraie sauge de Provence, formant un coussin gris couvert de fleurs bleues au printemps. Ses feuilles parfument les viandes et les sauces, et servent à faire des liqueurs et des infusions. Salvia officinalis a les mêmes usages ; on la plante dans les jardins d’herbes où elle fleurit en mai (notre photo), en bordure de potager ou sous des vivaces de couleurs vives. Sur certains cultivars, ses feuilles prennent des couleurs intéressantes sans trop perdre de parfum ; elles sont pourpres sur ‘Purpurascens’, grises sur ‘Berggarten’ et ‘Albiflora’, dorées sur ‘Icterina’, marbrées de blanc et de rose sur ‘Tricolor’. Ces variétés sont rustiques.

Quel est le plus beau feuillage ?
Les sauges ne sont pas que des fleurs. Leur feuillage aromatique est souvent décoratif. Le plus beau de tous appartient à Salvia argentea ci-contre ; ses immenses feuilles étalées en rosette près du sol sont vraiment hors concours, entièrement recouvertes d’une épaisse couche de poils blancs, qui brillent à la lumière. Elle n’est jamais aussi belle que sur un gravier en plein soleil. En revanche, elle n’aime pas l’humidité du sol, ni la pluie, ni les escargots et les limaces ; on a même vu des jardiniers la protéger des orages sous de petits abris.

Comment les multiplier ?
A quelques exceptions près, le semis se pratique au printemps, à l’intérieur, en terrine. La méthode la plus facile est le bouturage : on prélève en cours de végétation des portions terminales de tiges encore jeunes et pas ligneuses, qu’on défeuille à la base avant de les mettre à enraciner à 24°C, dans un mélange léger (riche en tourbe, sable ou vermiculite), saturé d’eau.

À quel moment tailler la sauge ?
La taille s’effectue après les dernières floraisons, sauf chez les plus tardives qui seraient fragilisées par une coupe en plein hiver. Là où les gelées sont à craindre, n’attendez donc pas trop pour rabattre et protéger les souches les plus frileuses.













Les meilleurs variétés tropicales et sub-tropicales  

Salvia 'Black Knight'

Salvia 'Blue Ribbon'

Salvia buchananii

Salvia cacaliifolia

Salvia chiapensis

Salvia concolor

Salvia confertiflora

Salvia 'Costa Rican Blue'

Salvia discolor

Salvia disjuncta

Salvia dombeyi

Salvia dorisiana

Salvia fallax

Salvia gesneriiflora

Salvia greggii

Salvia guaranitica

Salvia 'Harmony'

Salvia 'Indigo Spires'

Salvia involucrata 'Bethelii'

Salvia involucrata x karwinskii

Salvia iodantha

Salvia karwinskii

Salvia leucantha

Salvia madrensis

Salvia 'Marine Blue'

Salvia mexicana

Salvia microphylla

Salvia miniata

Salvia oppositiflora

Salvia oresbia

Salvia patens

Salvia 'Purple Majesty'

Salvia regla

Salvia reptans

Salvia rutilans

Salvia scutellariodes

Salvia semi atrata

Salvia sessei

Salvia sinaloensis

Salvia sprucei

Salvia transylvanica

Salvia uliginosa

Salvia urica

Salvia 'Van Houtii'

Salvia 'Waverly'

Salvia wagneriana


 
Rustique de climat doux

Salvia africana-lutea

Salvia austriaca

Salvia blepharophylla

Salvia buchananii

Salvia chamaedryoides

Salvia dolomitica

Salvia dominica

Salvia disermas

Salvia eigii

Salvia elegans 'Purple'

Salvia forskaohlei

Salvia greggii

Salvia microphylla

Salvia grahamii

Salvia leucantha

Salvia pratensis

Salvia 'Marine Blue'

Salvia mellifera

Salvia nemerosa

Salvia polystachya

Salvia 'Purple Majesty'

Salvia repens

Salvia runcinata

Salvia scabra

Salvia sclarea 'Turkestanica'

Salvia sclarea 'Turkestanica White'

Salvia somalensis

Salvia transcaucasica

Salvia villosa

Salvia viscosa

Salvia yunnanensis




Les plus rustiques (disparaissent l'hiver)


Salvia arizonica

Salvia azurea

Salvia glutinosa

Salvia guaranitica

Salvia patens

Salvia przewalskii

Salvia superba

Salvia translyvanica

Salvia uliginosa

Salvia verticillata